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Assises de l’eau 2018 : quels enjeux ?

Par La rédaction - 30 mai 2018
Temps de lecture : 5min

Le 24 avril 2018, avec la réunion d’un premier comité de pilo­tage, ont débuté les premières Assises de l’eau. Un rendez-vous annuel orga­nisé en 2 phases, qui vise à relan­cer l’in­ves­tis­se­ment dans les réseaux d’eau et d’as­sai­nis­se­ment. Mais comment un tel événe­ment a-t-il vu le jour ? Quels sont les véri­tables enjeux de ces rencontres ?

Top départ pour les Assises de l’eau

État des lieux des réseaux d’eau en France

Premier facteur ayant motivé la mise en place de ces Assises : la vétusté des cana­li­sa­tions des réseaux français. En moyenne, leur durée de vie varie entre 50 à 100 ans, en fonc­tion notam­ment du maté­riau qui les composent.

Pendant une période, le PVC s’est attiré les faveurs des cana­li­sa­teurs. Problème : il est bien moins résis­tant que l’acier. Aujourd’­hui, le pays fait face à un fort besoin de renou­vel­le­ment. Comme le souligne Jean Launay, coor­di­na­teur géné­ral des Assises de l’eau, «  les réseaux ont été construits il y a 70 ans et plus, 50 ans pour les plus récents, d’où la ques­tion de leur renou­vel­le­ment qui se pose, d’au­tant que les maté­riaux employés ont été diffé­rents selon les époques. »

Bien plus qu’un problème de vétusté, le coor­di­na­teur fait état d’im­por­tantes dispa­ri­tés à l’échelle natio­nale. « Les réseaux ne sont pas tous dans le même état, […] et les fuites sont plus ou moins impor­tantes selon les endroits. Certains réseaux peuvent poser des problèmes rele­vant de la santé publique, en raison préci­sé­ment de la qualité des tuyaux, notam­ment ceux fabriqués en PVC. »

Autre facteur déci­sif : la baisse des inves­tis­se­ments dans le secteur de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment. Depuis plusieurs années, la gestion de la ressource sème le trouble entre privé et public. Trans­fert de compé­tences aux inter­com­mu­na­li­tés dans le cadre de la loi NOTRe, recours à des délé­ga­tions de services publics ou pres­ta­taires privés : autant de facteurs qui ont mené à une inadé­qua­tion des inves­tis­se­ments publics avec les besoins réels.

«  Aujourd’­hui, sur le plan natio­nal, on réin­ves­tit 600 millions d’eu­ros par an sur les réseaux. Or, pour avoir un bon renou­vel­le­ment, il faudrait enga­ger 1,5 milliard d’eu­ros, s’étonne Jean Launay. Nous ne sommes qu’à 40 % du renou­vel­le­ment que nous devrions assu­rer. »

Vers la secto­ri­sa­tion des réseaux d’eau ?

Un vieillis­se­ment des réseaux français à stop­per

Consé­quence de la baisse des inves­tis­se­ments, de l’âge et de la durée de vie des cana­li­sa­tions : le vieillis­se­ment des réseaux d’eau français. Aujourd’­hui, 0,5 à 1 % des réseaux sont renou­ve­lés chaque année. Il faudrait donc 100 à 200 ans pour opérer un renou­vel­le­ment complet. Un délai bien loin des objec­tifs fixés.

Mais cette situa­tion n’est pas le seul fruit de l’obso­les­cence des cana­li­sa­tions : elle est égale­ment liée aux déci­sions gouver­ne­men­tales, même les plus récentes. Pour preuve, en 2017, l’État ponc­tion­nait dans le budget initia­le­ment alloué à l’eau pour réduire son endet­te­ment.

Une baisse de budget des agences de l’eau renou­ve­lée en 2018… avec une dimi­nu­tion de 20 % au programme. Et si leurs plans d’ac­tions demeurent les mêmes pour l’an­née en cours, les agences se préparent déjà à une année 2019 bien maigre. Dans ce contexte, le prin­cipe de finan­ce­ment de l’eau, qui repo­sait sur la logique de pollueur-payeur, se voit donc remis en ques­tion. Reste à voir si les Assises de l’eau permet­tront de trou­ver une solu­tion.

En premier lieu, les Assises de l’eau devraient avoir un impact sur le secteur du BTP. En cause, la relance des renou­vel­le­ments qui devrait boos­ter l’ac­ti­vité des cana­li­sa­teurs. Mais les SIG pour­raient égale­ment être concer­nés : pourquoi pas avec un plan de renou­vel­le­ment qui implique­rait de s’équi­per des outils adéquats, à commen­cer par un SIG métier ? Affaire à suivre.

Par La rédaction - 30 mai 2018

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