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Les SIG à travers les âges

Par La rédaction - 5 juillet 2018
Temps de lecture : 8min

La carto­gra­phie a révo­lu­tionné la façon dont nous pensons l’en­vi­ron­ne­ment. Statiques puis dyna­miques, les cartes sont progres­si­ve­ment deve­nues d’im­por­tants outils de prise de déci­sion et ont permis la réso­lu­tion de problé­ma­tiques diverses. À la croi­sée des chemins entre inno­va­tions tech­no­lo­giques et scien­ti­fiques, les SIG n’ont cessé de progres­ser ces 70 dernières années. Zoom sur les moments clés de leur histoire aussi brève que remarquable.

◇ Qu’est-ce qu’un SIG ? ◇

Avant 1960 : les heures sombres du SIG

Avant les années 1960, la carto­gra­phie infor­ma­tique est à un stade embryon­naire : la repré­sen­ta­tion de l’es­pace se fait majo­ri­tai­re­ment sur des cartes papier. Des cartes simples mais qui permettent, dans une certaine mesure, de recou­per plusieurs types d’in­for­ma­tions. Comment ? Grâce, par exemple, au mapping de tamis, une tech­nique de super­po­si­tion de cartes sur des tables lumi­neuses, pour souli­gner la présence ou l’ab­sence de liens entre diffé­rentes données.

Le calcul des surfaces est pratique­ment impos­sible compte tenu de l’inexac­ti­tude des données et de la mesure fasti­dieuse des distances. Pour y remé­dier, les carto­graphes et autres utili­sa­teurs de données géogra­phiques, comme les insti­tu­tions publiques, se rapprochent progres­si­ve­ment des infor­ma­ti­ciens et déve­lop­peurs pour explo­rer le poten­tiel de l’in­for­ma­tique dans la gestion des données géogra­phiques. Un nouveau métier naît alors : géoma­ti­cien.

◇ Carto­gra­phie et SIG : les termes à connaître abso­lu­ment ◇

1960 à 1975 : les vrais débuts

Le début des années 1960 marque la véri­table nais­sance du SIG. En effet, les inno­va­tions tech­no­lo­giques de l’époque rendent possible la carto­gra­phie infor­ma­tique :

En paral­lèle, le géographe britan­nique Roger Tomlin­son, qui travaille sur l’in­ven­taire des terres cana­diennes sous la super­vi­sion du gouver­ne­ment local, met au point le Système géogra­phique cana­dien (SIGC) en 1963. Une première version du SIG qui repose sur un système d’ap­proche par couches pour la carto­gra­phie.

Selon le Consor­tium univer­si­taire pour la science de l’in­for­ma­tion géogra­phique (UCGIS), ce travail a permis de réper­to­rier les terri­toires cana­diens en quelques semaines au lieu de 3 ans et de dimi­nuer le montant de ce chan­tier de 4 millions d’eu­ros.

« Les grandes décou­vertes et les progrès impliquent, sans aucun doute, la coopé­ra­tion de nombreux esprits. On me consi­dé­rera proba­ble­ment comme celui qui a ouvert la voie du SIG. Cepen­dant, quand je regarde les déve­lop­pe­ments passés, je pense que le mérite est attri­buable aux autres plutôt qu’à moi-même. » – Roger Tomlin­son

Les pers­pec­tives offertes par l’ou­til semblent alors sans limites, quand on consi­dère que 85 % des infor­ma­tions ont une dimen­sion géogra­phique.

◇ SIG géné­ra­liste vs SIG métier : quel outil privi­lé­gier ? ◇

1975 à 1990 : première commer­cia­li­sa­tion des logi­ciels SIG

Du milieu des années 1970 au début des années 1980, les gouver­ne­ments intègrent les avan­tages de la carto­gra­phie numé­rique et des SIG. Ils sont alors utili­sés dans l’ar­mée, le cadastre, les recen­se­ments ou encore les services topo­gra­phiques. Le bureau de recen­se­ment des États-Unis adopte certains des prin­cipes fonda­men­taux du SIG pour dénom­brer la popu­la­tion améri­caine grâce au format de données GBF-DIME. Au Royaume-Uni, l’Ord­nance Survey (service carto­gra­phique de l’État) commence le déve­lop­pe­ment de cartes topo­gra­phiques avec un SIG. En France, dès 1973, la numé­ri­sa­tion du cadastre se met égale­ment en place.

En 1977, l’uni­ver­sité d’Har­vard et son labo­ra­toire pour les cartes infor­ma­tiques déve­loppe le ODYSSEY GIS ARC INFO, consi­déré comme un proto­type des SIG contem­po­rains. Sa créa­tion mènera les SIG à un autre tour­nant de leur histoire : leur commer­cia­li­sa­tion. Les années 1980 marquent ainsi l’ex­plo­sion du marché des SIG, avec une multi­pli­ca­tion des four­nis­seurs. Progres­si­ve­ment, l’usage de l’infor­ma­tion géogra­phique (carto­gra­phie sur Inter­net, calcul d’iti­né­raires routiers, utili­sa­tion d’ou­tils embarqués liés au GPS dès 1985…) se géné­ra­lise dans les entre­prises et dans la société civile. À cette époque, on note égale­ment l’ap­pa­ri­tion de « logi­ciels libres » et d’ou­tils dédiés aux opéra­tions carto­gra­phiques coopé­ra­tives.

◇ Les 3 avan­tages prin­ci­paux d’un SIG métier ◇

1990 à 2010 : les nouveaux usages des SIG

Entre 1990 et 2010, les SIG ont connu une phase de crois­sance sans précé­dent : sur la période, quasi­ment toutes les profes­sions s’en équipent. Plusieurs facteurs expliquent cette démo­cra­ti­sa­tion : des ordi­na­teurs plus rapides à coût modéré, une offre très diver­si­fiée de logi­ciels, un accès faci­lité aux données ou encore l’in­té­gra­tion de la tech­no­lo­gie de télé­dé­tec­tion.

Après les exploi­tants de réseaux (élec­tri­cité, gaz, eau, trans­ports et télé­coms), d’autres profes­sion­nels s’équipent de l’ou­til pour recher­cher et déve­lop­per de nouveaux marchés, réali­ser des études d’im­pact de construc­tion, orga­ni­ser le terri­toire ou bien suivre des flottes de véhi­cules.

◇ Topo­lo­gie : son impor­tance pour les exploi­tants de réseaux ◇

Depuis 2010 : la démo­cra­ti­sa­tion des SIG dans les télé­coms

Images satel­li­taires et bases de données acces­sibles, logi­ciels open source, proces­seurs et cartes graphiques surpuis­sants, forma­tion sur les outils SIG et services supports pour leur exploi­ta­tion, nais­sance du concept de smart­grid (réseaux intel­li­gents)… Depuis 2010, les avan­cées sont notables en matière de SIG, et les usages pour les entre­prises, les collec­ti­vi­tés et les citoyens ne manquent pas.

Dans le secteur des télé­coms, le SIG est aujourd’­hui indis­pen­sable pour tout projet de déploie­ment de la fibre optique. Confron­tés à de nombreux chal­lenges impac­tant leurs réseaux, les socié­tés de télé­com­mu­ni­ca­tions ont fait rapi­de­ment appel au SIG pour :

[Info­gra­phie] Bien choi­sir son SIG Télé­com ◇

 

Dans la vie quoti­dienne, la carto­gra­phie est deve­nue omni­pré­sente pour infor­mer les indi­vi­dus qui sont désor­mais équi­pés de smart­phones et d’In­ter­net. Tout est possible : repé­rer un point de vente et des offres commer­ciales, détec­ter un posi­tion­ne­ment de bornes Wi-Fi, évaluer l’éli­gi­bi­lité à la fibre, plani­fier un itiné­raire. Les cartes sont aujourd’­hui dyna­miques, inter­ac­tives et parti­ci­pa­tives.

 

Au fil du temps, le SIG est devenu un outil infor­ma­tique incon­tour­nable pour stocker et valo­ri­ser des données carto­gra­phiques. Mais c’est égale­ment une indus­trie de plusieurs milliards de dollars sur laquelle reposent des déci­sions cruciales. Avec la réalité virtuelle et le Big Data qui boule­versent notre approche de l’es­pace, du temps et de l’in­for­ma­tion, le SIG pour­rait progres­si­ve­ment se réin­ven­ter. Rendez-vous dans 5 ans pour un nouveau bilan !

Par La rédaction - 5 juillet 2018

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