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Usages et inté­rêts d’un SIG eau et assai­nis­se­ment : l’in­ter­view de Sarah Bertho­let

Par Editorial Board - 27 décembre 2018
Temps de lecture : 6min

Sarah Bertho­let, pouvez-vous vous présen­ter et défi­nir votre fonc­tion au sein de GiSmart­ware ?

Après un DUT de chimie, je me suis diri­gée vers un Master procédé chimique orienté vers les métiers du trai­te­ment des effluents (eau, air, déchets). Après mon stage de fin d’études en tant que respon­sable envi­ron­ne­ment à Annecy, chez NTN SNR Seynod, j’ai occupé un poste de char­gée d’études eau et assai­nis­se­ment au sein de la Régie dépar­te­men­tale d’as­sis­tance de Haute-Savoie, puis un poste de géoma­ti­cienne au Pôle rivière d’un bureau d’études (Prolog) à Lyon.

Dans cette fonc­tion, j’ai eu l’op­por­tu­nité de saisir et croi­ser des données SIG dans le but de modé­li­ser les débor­de­ments de rivière. Ce parcours profes­sion­nel m’a permis d’ac­qué­rir une double compé­tence : l’une dans les métiers de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment et l’autre, dans la maîtrise des SIG (systèmes d’in­for­ma­tion géogra­phique). Ensuite, j’ai travaillé au sein du cabi­net Merlin, à Lyon, en tant que respon­sable SIG et char­gée d’études eau et assai­nis­se­ment.

Aujourd’­hui, je suis respon­sable des acti­vi­tés eau et assai­nis­se­ment chez GiSmart­ware. Mes fonc­tions prin­ci­pales sont le déve­lop­pe­ment et l’adap­ta­tion de produits SIG afin qu’ils répondent au mieux aux métiers des gestion­naires d’eau et d’as­sai­nis­se­ment. Je m’oc­cupe égale­ment du déploie­ment d’ac­ti­vi­tés autour de ces produits et du conseil tech­nique auprès de nos clients et pros­pects.

Pourquoi avoir rejoint GiSmart­ware ?

D’em­blée, j’ai été séduite par la double compé­tence que néces­site cette fonc­tion de respon­sable SIG métier appliqué à l’eau et l’as­sai­nis­se­ment. C’est un travail concret qui s’ap­puie sur un outil d’aide à l’ex­ploi­ta­tion et qui répond parfai­te­ment aux enjeux des collec­ti­vi­tés que j’avais iden­ti­fiés au cours de mes précé­dentes expé­riences.

Je suis convain­cue du réel inté­rêt de cet outil struc­tu­rant les échanges de données tout en permet­tant de les croi­ser et de les analy­ser. C’est un véri­table outil d’aide à la déci­sion qui mérite toute sa place dans les entre­prises et les admi­nis­tra­tions.

Selon vous, quels sont les enjeux liés au secteur de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment ?

Les enjeux sont multiples et concernent le renou­vel­le­ment des infra­struc­tures, mais aussi les exten­sions de réseaux. En France, envi­ron 50 % du réseau des cana­li­sa­tions d’eau serait anté­rieur à 1972. Beau­coup de réseaux ont été en effet construits après guerre. 20 % des cana­li­sa­tions posées avant 1960 sont en fonte grise ou en acier, des matières cassantes ou corro­dables qui favo­risent les fuites.

Pour rele­ver ce défi colos­sal de réno­va­tion ou renou­vel­le­ment des réseaux, il est néces­saire de program­mer judi­cieu­se­ment la feuille de route des travaux tout en s’ap­puyant sur des outils robustes. Il faut se fixer un taux de renou­vel­le­ment par an en prio­ri­sant les sections présen­tant des fuites impor­tantes. Ensuite, le renou­vel­le­ment des autres sections devra être orga­nisé en fonc­tion de leurs carac­té­ris­tiques tech­niques (maté­riaux, taux de fuite, posi­tion­ne­ment dans le réseau), mais aussi en fonc­tion des stra­té­gies de finan­ce­ment.

Toutes ces contraintes doivent être inté­grées pour arri­ver à des résul­tats de rende­ments perti­nents à court et moyen terme et éviter la dégra­da­tion de la qualité de l’eau. Il est donc néces­saire de connaître préci­sé­ment son patri­moine de réseau d’eau et d’as­sai­nis­se­ment. Les collec­ti­vi­tés et les gestion­naires de réseaux doivent chaque année remon­ter l’en­semble de ces indi­ca­teurs en progres­sion. Dans les exten­sions de réseau, qui ont lieu dans le cadre de nouvelles construc­tions de lotis­se­ments, notre défi est d’as­su­rer leur inté­gra­tion de manière rentable et d’ac­com­pa­gner les futurs gestion­naires sur l’uti­li­sa­tion de l’ou­til SIG.

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En quoi un SIG eau et assai­nis­se­ment répond à ces enjeux ?

Le SIG est un outil digi­tal de connais­sance, de struc­tu­ra­tion des données dans l’es­pace et le temps et d’aide à la déci­sion. Cette solu­tion carto­gra­phique permet de connaître préci­sé­ment son infra­struc­ture et notam­ment l’état des maté­riaux et leur âge, les dimen­sions et l’or­ga­ni­sa­tion du réseau et ses connexions.

Le SIG permet égale­ment de struc­tu­rer la donnée de façon logique pour répondre aux problé­ma­tiques métier de l’eau et assai­nis­se­ment. Par exemple, il offre la possi­bi­lité d’ob­te­nir un histo­rique d’in­ter­ven­tion sur le réseau et de faire des recherches prag­ma­tiques sur cet histo­rique. Sur la base d’in­di­ca­teurs factuels, le SIG eau et assai­nis­se­ment va indiquer quelle partie du réseau est à renou­ve­ler en prio­rité.

Hormis cette fonc­tion d’aide à la déci­sion, c’est aussi un outil qui commu­nique, en temps réel et à qui de droit, ce qui se passe sur le réseau. Les collec­ti­vi­tés doivent remettre le RPQS chaque année : son établis­se­ment est faci­lité avec des outils SIG eau et assai­nis­se­ment qui recensent de manière exhaus­tive les données sur le patri­moine et les inter­ven­tions.

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Quelles sont les fonc­tion­na­li­tés d’un SIG eau et assai­nis­se­ment à prio­ri­ser selon vous ?

Ce sont les fonc­tion­na­li­tés qui touchent à la fois les profes­sion­nels du secteur et la popu­la­tion. Les fonc­tions à déve­lop­per en prio­rité relèvent de la gestion des inter­ven­tions et des inter­rup­tions d’appro­vi­sion­ne­ment en eau. Une bonne gestion des inter­ven­tions passe par un recen­se­ment exhaus­tif et une plani­fi­ca­tion opti­mi­sée. L’idée est répondre à deux ques­tions clés : où inter­ve­nir et pour quelle(s) raison(s) ? Grâce à ces données, on va pouvoir remon­ter l’in­for­ma­tion sur le patri­moine, affi­ner le tracé et sa connais­sance du patri­moine.

Pour résu­mer, le SIG eau et assai­nis­se­ment va centra­li­ser la « vie » du réseau dans un seul et même logi­ciel. En plus, il va permettre de géné­rer un ordre de travail à l’in­ten­tion de la personne concer­née et inté­grer le compte-rendu d’in­ter­ven­tion. Pour la fonc­tion « arrêt d’eau », l’objec­tif est d’in­ter­ve­nir sur une une fuite et de s’ap­puyer sur le logi­ciel SIG pour déter­mi­ner l’en­semble des vannes à fermer. De plus, un outil d’alerte permet­tra de contac­ter, par mail ou SMS, les usagers concer­nés et les pompiers pour les infor­mer de cette mise hors service du réseau d’eau.

Par Editorial Board - 27 décembre 2018

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